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L’épandage de trichogrammes par drone une solution économique et efficace pour lutter contre la pyrale du maïs sucré

Publié le : | Par : Roxanne S. Bernard

Tags: drone, maïs, pyrale, trichogramme

Drone servant à l'application des trichogrammes contre la pyrale du maïs

Trichogrammes : la spécialité d’Anatis Bioprotection

Portrait de Mylène St-OngeMylène St-Onge, docteure en biologie de l’Université du Québec à Montréal et directrice scientifique de la division insectes d’Anatis Bioprotection, a consacré plusieurs années à optimiser l’élevage de masse des trichogrammes, une petite guêpe parasitoïde d’oeufs de papillon. Grâce à son expertise, Anatis Bioprotection produit 3 espèces de guêpes trichogrammes, Trichogramma ostriniae, T. brassicae et T. minutum. Chaque année, l’équipe distribue plusieurs millions de guêpes par semaine qui permettent de protéger les champs canadiens contre les papillons ravageurs.

Faits marquants des trichogrammes au Québec

  • 1995 — Premiers essais québécois de Trichogramma brassicae par Guy Boivin d’Agriculture Canada contre la pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis).
  • 1996 — Début de la commercialisation des trichogrammes au Québec par la compagnie Bio-Contrôle, fermée pour ensuite être reprise par Beneficial insectory inc. en 2001.
  • 2000 — Recherche par IRDA1 et l’UQAM2 à fin d’optimiser l’utilisation des trichogrammes contre la pyrale du maïs.
  • 2003 — Début de la commercialisation des trichogrammes au Québec par la compagnie Para-Bio.
  • 2007 — Sélection de Trichogramma ostriniae comme agent le plus efficace contre la pyrale du maïs grâce aux essais réalisés par IRDA, UQAM et Anatis Bioprotection.
  • 2008 — Anatis Bioprotection débute l’élevage et la vente des trichogrammes.
  • 2016 — 10% des champs de maïs sucré sont protégés par les trichogrammes.

1Institut de recherche et de développement en agroenvironnement, 2Université du Québec à Montréal

Les tricho-cartes

Carte de trichogrammes pour maïs sucréAu Québec, l’introduction des trichogrammes en champ se réalise à l’aide de cartes. À l’intérieur de celles-ci, on retrouve des pupes avec un taux qui varie de 4000 à 8000 selon la pression exercée par la pyrale. On débute l’application au stade 4-6 feuilles ou à la détection du ravageur dans la région. L’application des cartes se réalise manuellement à travers le champ. Une carte couvre entre 100 à 200 m2 de maïs. En général, 5 lâchers par saison sont nécessaires pour effectuer un bon contrôle.

Avantages et limitations des cartes

L’utilisation des trichogrammes sur carte ne demande aucun port d’équipements et est sécuritaire pour la santé humaine et pour l’environnement. Cette méthode est simple et peut être réalisée à tout moment de la journée et en toutes conditions (vent, pluie, etc.). L’introduction de carte permet de conserver la santé du sol en diminuant les passages avec la machinerie. En plus, le maïs sucré traité aux trichogrammes est valorisé par les consommateurs qui sont de plus en plus sensibilisés aux risques associés à l’utilisation des pesticides.

Par contre, pour les grandes surfaces le temps d’application est limitatif. Il demande de 30 minutes à 1 heure pour couvrir un hectare. Certains producteurs sont alors dans l’incapacité de traiter l’entièreté de leurs champs.

La pulvérisation par drone : la technique du futur?

La pulvérisation par drone des trichogrammes dans les cultures céréalières se réalise déjà en Europe, principalement en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse. Cette technique est également en développement en Australie.

En 2016, la compagnie québécoise Canopée décide de développer une méthode d’application des trichogrammes par drone au Canada. Les deux propriétaires, Frédéric Jean et Alexandre Maltais prennent alors contact avec l’équipe d’Anatis Bioprotection, enchantée par cette idée. C’est alors le début d’une nouvelle collaboration.

L’élaboration de la méthode d’application a soulevé plusieurs questionnements. Le groupe de travail a d’abord collaboré avec l’ÉTS dans le but d’évaluer les différentes possibilités. Après quelques tests, deux méthodes d’applications sont favorisées : les pupes de trichogrammes en vrac (sur vermiculite) et en capsules. La première a l’avantage d’être économique mais ne protège pas les pupes qui peuvent alors être sujettes à la prédation. La deuxième protège les pupes mais les capsules sont plus dispendieuses à produire.

Premiers résultats de la pulvérisation par drone des trichogrammes

Grâce à l’aide des agronomes Gerardo Gollo Gil et Olivier Marois-Mainguy du MAPAQ de Ste-Martine, des tests terrain sur 3 fermes (Agri-Fusion, Jardins PurDélys et la ferme Maxime Bissonnette) ont été réalisés en 2016.

Au cours de la saison, l’équipe a réalisé des lâchers de trichogrammes en vrac et en capsules. Par la suite, ils évaluaient la survie des trichogrammes par la mise en place d’oeufs sentinelles, par la recherche d’oeufs de pyrale et par l’évaluation des dommages à la récolte.

Les tests 2016 ont permis de valider la technique d’épandage avec capsule et en vrac. Les trichogrammes ont survécu à la chute et ont été capables de se développer dans la culture. Par contre, il n’y avait pas suffisamment de pyrales pour démontrer l’efficacité des deux traitements.

La suite des tests en 2017

En 2017, Anatis Bioprotection et l'entreprise Canopée prévoient continuer les tests de pulvérisation par drone. La technique a besoin d’être validée lors d’une pression plus importante du ravageur.


« L’efficacité des trichogrammes contre la pyrale du maïs est reconnue et il est donc raisonnable de croire que l’application des trichogrammes par drone le sera tout autant », explique Mylène St-Onge.

C’est donc à suivre!

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