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    Les agents de lutte biologique lors de grandes chaleurs, que faire?

    Publié le : | Par : Roxanne S. Bernard

    Tags: acarien, agents lutte biologique, chaleur, prédateur, trichogramme

    Champ de maïs qui subit la schécheresse
    Roxanne-Sarah Bernard
    Roxanne S. Bernard


    Au début du mois de juillet 2018, une importante vague de chaleur a fait grimper la température réelle jusqu’à 35 ºC dans certaines régions du Québec. Des conditions difficiles pour les travailleurs agricoles et qui ont eu un impact négatif sur les agents de lutte biologique. Alors, comment se porte votre lutte biologique?

    Agents de lutte biologique — Quand la chaleur se pointe

    On le constate par les plants que l’on sème, qui dit chaleur dit croissance accélérée. En général, lorsque les températures se situent entre 20 à 28 ºC, nous sommes dans une bonne fenêtre de croissance. La plupart des agents de lutte biologique performent bien sous ces conditions.

    Ils ne sont pas les seuls, vos ravageurs également. Pour cette raison, l’adoption d’une lutte préventive est à privilégier avant cette période critique. La reproduction des ravageurs s’accélère, les femelles deviennent plus fertiles, le temps de développement raccourcit et on doit alors mettre plus d’insectes et d’acariens bénéfiques pour en venir à bout.

    Quand il fait trop chaud

    Quand la température avoisine le 30 ºC, on peut remarquer une baisse d’efficacité chez certains agents de lutte biologique. Les populations de ravageurs continuent à augmenter et on maintient difficilement le contrôle.

    Feuilles avec pucerons
    Feuilles avec pucerons

    D’abord, si ces conditions sont présentes pendant une courte durée (1 ou 2 jours), les insectes et acariens vont se cacher du soleil et tenter de trouver un peu d’ombre, sous le feuillage ou dans le substrat au sol par exemple. Ils reprendront leur activité quand les conditions deviendront plus clémentes.

    Mais quand la situation perdure, les insectes, acariens et nématodes commencent à en être affectée. La chaleur provoque une baisse d’activité, une diminution des pontes et surtout une augmentation du taux de mortalité. Heureusement, au-dessus de 30 ºC la reproduction des ravageurs (pucerons, thrips, aleurodes et tétranyques) commence à ralentir et la mortalité augmente aussi.

    Quoi faire par vague de chaleur

    • choissisez des agents de lutte biologique plus tolérants aux chaleurs (ex : Amblyseius swirskii , Neoseiulus fallacis et Stethorus punctillum);
    • favoriser l’installation d’ombrières;
    • brumiser la culture pour aider vos prédateurs à s’hydrater;
    • Introduire en fin de journée ou le matin;
    • Introduire vos agents de lutte biologique à l’ombre si possible (ex : mettre les cartes de trichogrammes/ Encarsia formosa sous le feuillage);
    • si vous ne pouvez les introduire pour le moment (plein ensoleillement, milieu de journée, etc.), conserver vos agents au frais - contactez votre représentant(e) pour connaître les conditions de conservation de vos agents;
    • Après la canicule, introduire à nouveau une petite quantité d'agents de lutte biologique pour maintenir une bonne population.

    Bonne nouvelle pour les trichogrammes

    Trichogrammes
    Trichogrammes minuscules guêpes de 1 mm
    Mylène St-Onge
    Mylène St-Onge


    La semaine dernière, nous avions informé nos clients du danger potentiel d’une température réelle au-dessus du 33 ºC pour les traitements à base de trichogrammes (Tricho-Gard , Tricho-Maïs, Tricho-Poivron, etc.). Nous avions conseillé de reporter les introductions de quelques jours ou encore de placer les cartes à l’ombre, sous le feuillage ou dans des rangs plus fournis.

    Mylène St-Onge, directrice scientifique de la division insecte, a voulu tester l’effet de cette vague de chaleur sur l’émergence des trichogrammes. Mardi le 3 juillet dernier, quand la température a atteint près de 31 ºC, elle a installé des cartes de trichogrammes à l’ombre dans un champ maraîcher diversifié. Jeudi le 5 juillet, la température réelle a même grimpé jusqu’à 34 ºC. Malgré cette chaleur étouffante, le taux d’émergence a atteint les 80%. « C’est très bien compte tenu des circonstances! » indique Mylène.